Sarina voit le jour à Constantinople, le 12 mars 1903 selon son acte de mariage, ou en 1902 d’après les souvenirs de son frère Samuel.

À 16-17 ans, elle rencontre Harry Tate, un forgeron anglais de 32 ans, veuf d’Ethel May Senior et déjà père d’un petit Edward né en 1909. Soit seulement six ou sept ans de moins que sa future belle-mère !

Mais qu’était venu faire un forgeron anglais à Constantinople en 1919-1920 ? La même chose que Paul mais du côté anglais : il faisait partie des troupes d’occupation britanniques envoyées dans la capitale turque après 1918. Stationné dans le quartier de Moda sur la rive asiatique du Bosphore, il était alors chargé, au sein de la Royal Army Ordnance Corps, de l’approvisionnement en armes et équipements des soldats séjournant dans la région.

Notification du mariage entre Sarina Bercovitz et Harry Tate à Constantinople le 24 mai 1920

C’est donc sous l’uniforme de caporal qu’Harry fait la connaissance de Sarina et qu’il l’épouse le 24 mai 1920 en l’église de Tous Les Saints dans le district de Kadikeui, non loin d’où il vivait. Curieusement, sur leur certificat de mariage est indiqué « Nathan Bercovitz » comme étant le père de Sarina au lieu de Menahem ou Neumann Bercovitz… Probablement une erreur de l’officier d’état civil, car il s’agit bien de Sarina, fille de Menahem et Adele.

Une fois marié, le jeune couple attendit la démobilisation d’Harry pour partir en Angleterre retrouver Edward. Là, ils s’installèrent tous les trois à Barnsley‑Ward dans le Yorkshire où naquit quelques mois après leur fils Jacques ou Jack. De condition modeste, Sarina travaillait durement à l’usine comme ouvrière machiniste-tailleuse. Quant à Harry, il reprit son métier de forgeron. Puis, fin des années 1930, Sarina se retrouva célibataire, mais difficile de savoir s’ils divorcèrent ou si Harry décéda durant la 2e guerre mondiale.

Jacques, Harry et Sarina dans leur jardin de Barnsley-Ward en sept. 1924
Jacques et Sarina en juin 1928

En revanche, ce qui est certain c’est qu’elle resta peu de longtemps seule. Car juste après‑guerre, elle fit la connaissance à Leeds où elle résidait alors, de Ernest Schwenniger, un vendeur de deux ans son cadet. Et bientôt, ils se mirent en ménage. Un déménagement chassant l’autre, ils s’installèrent ensuite à Croydon dans la périphérie de Londres. C’est dans cette banlieue londonienne, toujours non mariés — ils ne le seront qu’à l’été 1950 — qu’ils accueillirent quelques jours Samuel, Henriette et leurs enfants, une fois en 1948 et une deuxième en 1950 . Il en sera de même pour Paul en 1949. Et c’est également durant cette période que son frère Samuel l’invita tous frais payés aux communions de Rosette et Jeannine en 1946 et 1947.

Mais leur bonheur fut de courte durée car en aout 1959 Ernest décéda subitement. Sarina déménagea alors une dernière fois, pour Chelsea, dans le Grand Londres, où elle y vécut jusqu’à son décès au printemps 1972.

Quant à leur fils Jacques, il se maria avec Betty et devint père d’une petite Shirley.

Ernest et Sarina en sept. 1947