Thérèsa dite Thérèse est née en 1898, à Constantinople, comme le reste de la fratrie, Paul excepté. Elle y rencontra le docteur Léon Kouri (ou Krouri) originaire du Liban, avec qui elle vécut sans pour autant se marier. Mais avant de s’installer à Beyrouth avec lui , elle donna naissance à Constantinople, à deux fils, Nathan en septembre 1926, et Robert, le cadet.
Tandis qu’elle continua d’exercer comme infirmière au Liban, Léon quant à lui, s’occupait de son entreprise de transport de camions dont il était propriétaire et qu’il céda ensuite à son fils Robert. Car s’il portait le titre de docteur, ce n’était pas en tant que médecin mais comme titulaire d’un doctorat !
Et ce sont les seules maigres informations connues, au sujet de Thérèse, de son mari Léon et de Robert.
Par contre, pour Nathan, le fils ainé, l’histoire est un peu plus riche. La guerre terminée, il intégra l’école HEC Paris en 1947, pour en sortir diplômé trois ans après.
A peine ses études terminées, recensé classe 1951, il entama alors ses dix‑huit mois de service militaire obligatoire (il avait donc déjà la nationalité française même si aucune trace de sa naturalisation n’a été trouvée).
Mais plutôt que de l’effectuer en tant que simple soldat, il décida d’intégrer l’école des officiers de réserve (EOR), basée à l’époque à Cherchell en Algérie. A l’issue de ses quatre à cinq mois de formation, il fut d’abord promu au grade d’aspirant de réserve, à l’état-major des troupes de Tunisie, avant de terminer son service en novembre 1952 comme sous-lieutenant. Il accéda ensuite automatiquement au bout de deux ans, au grade de lieutenant, dans la réserve militaire, comme d’ailleurs la plupart des élèves officiers de réserve. Et c’est avec ce grade qu’il fut rappelé pour la guerre d’Algérie, au cours de laquelle il devint capitaine.
Quant à sa famille française, il ne l’oublia pas pour autant. Que ce soit pendant ses études ou en uniforme durant son service militaire, il ne manquait pas de venir rue Sibuet saluer son oncle Samuel et sa famille. Il continua ainsi à les fréquenter, jusque dans les années 1960, sortant régulièrement avec Claude et Jeannine. Il assista d’ailleurs à leur mariage.
Il faut dire que Nathan a toujours été soucieux de sa famille. C’est ainsi que, désireux d’en savoir plus, il fit également la connaissance de son autre cousin, Arthur Berkowitz, le fils de Paul, auquel il offrit un petit vase en cuivre du Liban encore conservé aujourd’hui.
Sans oublier sa cousine Rosette, qu’il fréquenta plus tard lorsqu’il s’installa, comme elle, à Saint-Maur-des-Fossés dans le Val‑de‑Marne. C’est là qu’il devint responsable de l’association des anciens combattants. Cette activité lui vaudra en décembre 1982 d’être promu chevalier dans l’ordre national du Mérite sur proposition du ministère de la Défense.
Quant à son travail, malgré son niveau d’études supérieures, le premier qu’il trouva et qu’il conserva pendant près de trente ans fut celui de représentant pour des produits d’entretien. Ce ne fut qu’en 1992, qu’il se mit à son compte comme dirigeant d’une entreprise de location de matériel de travaux publics.
Nathan s’éteignit le 12 juin 1999. Sa cousine Rosette et son frère Robert venu pour l’occasion du Liban avec un autre membre de sa famille, assistèrent à ses obsèques au cimetière de Saint-Maur. Sur sa tombe se trouve encore une palme en bronze déposée en son hommage par l’association des membres de l’ordre national du Mérite. Et entre son nom et ses dates de naissance et décès, est gravée la mention « Capitaine », un rappel de son grade à son retour d’Algérie dont il était si fier.

Pourtant, même après son décès, une dernière question demeure et non des moindres : pour quelle raison Nathan porta‑t‑il le nom de sa mère Thérèse, à savoir Bercovitz, et non celui de son père Léon Kouri ? En fait, Thérèse était-elle mariée à Léon ? Et Léon était-il son père ? Un mystère de plus sans réponse.